Web et développement
Le développement web rassemble les outils et les méthodes qui servent à créer un site ou une application et à les faire évoluer. Pour une petite entreprise, comprendre ces termes aide à choisir ses outils numériques et à dialoguer avec un prestataire. Les notions ci-dessous portent sur les échanges entre logiciels, la gestion des pages et les différentes parties d’un site. Elles permettent aussi de distinguer un service en ligne d’un logiciel installé sur les équipements de l’entreprise.
API
API signifie « Application Programming Interface », soit interface de programmation d’application. Elle permet à deux programmes d’échanger des données selon des règles définies : par exemple, une boutique en ligne peut transmettre une commande à son outil de gestion pour éviter une ressaisie. Une API travaille en arrière-plan ; contrairement à une application, elle n’est généralement pas utilisée directement par une personne depuis un écran. Pour une petite entreprise, elle peut relier des services déjà utilisés, à condition que ceux-ci proposent une API compatible.
CMS
Un CMS, ou système de gestion de contenu, est un outil qui permet de créer et de modifier les pages d’un site depuis une interface d’administration. Une petite entreprise peut, par exemple, y actualiser ses horaires ou publier une actualité sans demander à un développeur de modifier chaque page. Le CMS n’est pas le site lui-même : il sert à gérer son contenu et peut aussi piloter la mise en page. Il se distingue de la modification directe du code, qui demande des compétences techniques et intervient sur les fichiers du site.
Front-end et back-end
Le front-end est la partie visible d’un site, celle avec laquelle les visiteurs interagissent : menus, formulaires et boutons. Le back-end regroupe les traitements et la gestion des données qui rendent ces fonctions possibles, par exemple enregistrer une demande de devis ou vérifier un compte. Il ne s’agit pas d’une page cachée du site, mais de composants qui peuvent fonctionner sans être directement visibles. Le tableau compare leurs rôles à partir d’exemples courants.
| Partie | Rôle | Exemple concret |
|---|---|---|
| Front-end | Affiche les contenus et reçoit les actions des visiteurs. | Un formulaire de contact avec des champs à remplir et un bouton d’envoi. |
| Back-end | Traite les demandes et applique les règles du service. | Vérifier les champs reçus et transmettre la demande au système de messagerie. |
| Ensemble | Fait communiquer l’interface et les traitements nécessaires. | Après l’envoi, afficher une confirmation et enregistrer les informations utiles. |
Une même fonction, comme une demande de devis, mobilise donc les deux parties : l’écran côté visiteur et le traitement côté serveur.
Framework
Un framework est un ensemble de blocs prêts à l’emploi et de règles qui aide les développeurs à construire un site ou une application. Il peut fournir une structure de projet et des composants réutilisables, ce qui évite de tout programmer à partir de zéro. Pour une petite entreprise, un prestataire peut s’appuyer sur un framework pour développer une fonction spécifique ou organiser le code d’un site. Un framework n’est pas un logiciel fini que l’entreprise ouvre pour travailler : c’est une base technique utilisée pendant le développement.
Site responsive
Un site responsive adapte sa mise en page à la taille de l’écran sur lequel il est consulté. Sur un téléphone, un menu peut se replier et les colonnes d’une page s’afficher l’une sous l’autre ; sur un ordinateur, elles peuvent apparaître côte à côte. Cette propriété facilite la consultation sur différents appareils sans créer une version séparée pour chacun. Un site responsive reste un site accessible dans un navigateur : ce n’est pas une application mobile installée sur le téléphone.
SaaS
SaaS signifie « software as a service », ou logiciel en tant que service. L’entreprise loue l’accès à un logiciel hébergé par son éditeur et l’utilise généralement en ligne, par exemple pour gérer sa facturation ou ses rendez-vous. L’éditeur assure l’hébergement du service et son fonctionnement technique ; l’entreprise accède aux fonctions prévues par son abonnement. Contrairement à un logiciel installé et hébergé sur les équipements de l’entreprise, un SaaS dépend de l’accès au service en ligne et des conditions proposées par son éditeur.
Données et analyse
Les données aident une petite entreprise à comprendre son activité lorsqu’elles sont organisées et reliées à des questions concrètes : quelles ventes progressent, quels produits reviennent souvent ou combien de demandes restent sans réponse. Ce glossaire du numérique pour petite entreprise rassemble les notions utiles pour lire, stocker et exploiter ces informations. Il distingue les données brutes des indicateurs qui servent à suivre un objectif, ainsi que les outils destinés aux opérations quotidiennes de ceux conçus pour l’analyse. Ces distinctions facilitent le choix d’outils adaptés au volume de données et aux décisions à prendre.
KPI
KPI signifie key performance indicator, soit « indicateur clé de performance » : c’est une mesure choisie pour suivre un objectif précis. Une boutique en ligne peut, par exemple, suivre chaque semaine son taux de conversion, c’est-à-dire la part des visites qui aboutissent à une commande, afin d’évaluer l’effet d’une modification de sa page de vente. Un KPI n’est pas l’ensemble des données recueillies : le nombre de visites, les pages consultées et les commandes constituent des données, tandis qu’un indicateur sélectionné met en évidence un résultat à surveiller.
ETL
ETL désigne extract, transform, load, soit extraire, transformer et charger : un processus récupère des données dans une ou plusieurs sources, les met en forme, puis les transfère vers une destination. Une petite entreprise peut, par exemple, réunir des fichiers de ventes et de stocks, harmoniser les dates et les noms de produits, puis charger le tout dans un espace prévu pour l’analyse. L’ETL prépare et déplace les données ; un tableau de bord, lui, les présente sous forme d’indicateurs et de visualisations pour suivre l’activité.
Base de données relationnelle
Une base de données relationnelle organise les informations en tables liées entre elles, par exemple une table « Clients » reliée à une table « Commandes » grâce à un identifiant commun. Les requêtes en SQL permettent de retrouver ou de modifier les enregistrements, comme afficher les commandes associées à un client ou rechercher les contacts d’une entreprise. Un tableur convient à une liste simple tenue par une personne, mais une base relationnelle structure les liens entre plusieurs types d’informations et réduit les saisies répétées lorsqu’un outil métier gère commandes, contacts et produits.
Entrepôt de données
Un entrepôt de données centralise des informations provenant de plusieurs sources afin de les analyser ensemble, plutôt que de gérer directement les opérations courantes. Une TPE peut y rassembler les ventes de sa boutique en ligne, les transactions de caisse et les dépenses exportées de son logiciel comptable, puis comparer les résultats par période ou par canal. Son rôle se distingue de celui d’une base opérationnelle, qui enregistre notamment les commandes au moment où elles sont passées.
| Critère | Base opérationnelle | Entrepôt de données |
|---|---|---|
| Finalité | Enregistrer une commande et son paiement | Analyser les ventes par mois et par canal |
| Sources | Application de vente ou gestion des commandes | Boutique en ligne, caisse et comptabilité |
| Exemple de question | Quelle est l’adresse de livraison de la commande 1842 ? | Quel canal a généré le plus de ventes au dernier trimestre ? |
La base sert à faire fonctionner le service au quotidien ; l’entrepôt facilite les comparaisons à partir de données réunies.
Apprentissage automatique
L’apprentissage automatique est une partie de l’intelligence artificielle : un modèle repère des régularités à partir d’exemples, puis s’en sert pour produire une estimation ou classer de nouvelles données. Une petite entreprise peut l’utiliser pour estimer les quantités à commander à partir de l’historique des ventes, à condition de disposer d’exemples suffisamment pertinents. Les deux notions ne sont pas synonymes : l’intelligence artificielle est le domaine général, tandis que l’apprentissage automatique désigne une famille de méthodes qui s’appuient sur des données pour ajuster un modèle.
Tableau de bord
Un tableau de bord rassemble des indicateurs et des visualisations, comme un graphique des ventes mensuelles ou le nombre de commandes en attente, pour suivre une activité en un coup d’œil. Pour une petite entreprise, il peut afficher au même endroit le chiffre d’affaires de la semaine, les demandes reçues et les délais de traitement, à condition que ces mesures correspondent à des objectifs suivis. Il se distingue d’un rapport d’analyse : le tableau de bord donne une vue synthétique et actualisable, tandis qu’un rapport développe les résultats, leur contexte et les causes possibles d’une évolution.
Automatisation
L’automatisation aide une petite entreprise à réduire les manipulations répétitives, par exemple lors du suivi des commandes ou de la préparation d’un relevé quotidien. Selon le besoin, une action peut démarrer après un événement, à une heure définie ou à la demande d’une personne. Les outils numériques pour petites entreprises peuvent enchaîner certaines opérations sans supprimer les contrôles humains. Comprendre les termes employés permet de choisir une solution adaptée à une tâche précise.
Workflow
Un workflow est une suite d’étapes déclenchées par un événement, comme la réception d’une commande sur une boutique en ligne. Il peut organiser le parcours d’une demande : enregistrer les informations, avertir la personne responsable, puis préparer une réponse au client. Certaines étapes restent manuelles, par exemple vérifier une commande inhabituelle avant de la valider.
Webhook
Un webhook est un message transmis automatiquement à une autre application lorsqu’un événement survient, par exemple quand un paiement est accepté. L’application destinataire peut alors actualiser une fiche ou envoyer une notification, ce qui facilite l’échange entre deux outils. À la différence d’une vérification régulière, elle n’interroge pas les données à intervalles fixes : le message part au moment de l’événement.
RPA
La RPA, ou automatisation robotisée des processus, consiste à faire exécuter par un logiciel des actions habituellement réalisées à l’écran : cliquer, saisir du texte ou recopier des champs. Une petite entreprise peut l’utiliser pour reporter chaque semaine des informations de factures d’un portail vers un logiciel de gestion. Contrairement à une API, qui permet aux programmes d’échanger des données directement, la RPA reproduit des gestes dans l’interface des applications.
Script
Un script est un programme composé d’instructions précises, que l’ordinateur exécute dans un ordre défini. Une entreprise peut, par exemple, l’utiliser pour renommer des dizaines de fichiers ou traiter un fichier de commandes au format CSV. Il décrit une opération à effectuer, tandis qu’un workflow organise un processus plus large, qui peut inclure plusieurs outils et des étapes manuelles.
Tâche planifiée
Une tâche planifiée lance automatiquement un programme à des moments définis, par exemple chaque nuit à 2 heures ou tous les lundis matin. Sous Linux, cron sert à programmer ce type d’exécution ; une petite entreprise peut s’en servir pour produire régulièrement une copie d’archives ou un rapport interne. Le déclenchement dépend ici d’un horaire, contrairement à celui d’un workflow, qui commence lorsqu’un événement précis survient.
Projet et cadre juridique
Dans une petite entreprise, un projet numérique avance plus clairement lorsque les besoins, les critères de validation et les responsabilités sont nommés. Ce vocabulaire couvre aussi les choix qui influencent la capacité à faire évoluer un logiciel ou à quitter un prestataire. Il aide à distinguer un document de cadrage du produit livré, ou une procédure de test d’une phase de conception. Les définitions ci-dessous apportent des repères concrets pour les termes essentiels du numérique en entreprise.
MVP
Un MVP, ou produit minimum viable, est une première version volontairement limitée qui permet de tester une proposition auprès de clients potentiels, par exemple un service de réservation avec la seule fonction de prise de rendez-vous. Le terme a été popularisé par Eric Ries en 2011 : il désigne un moyen d’évaluer une idée avant d’élargir le produit, et non un produit final complet.
Recette
La recette correspond aux tests d’acceptation qui vérifient si le résultat livré répond aux attentes définies pour le projet. Une petite entreprise peut consigner les points à contrôler dans une liste simple :
- Fonctions attendues : vérifier, par exemple, qu’un formulaire de commande transmet bien les informations nécessaires et affiche une confirmation après son envoi.
- Écarts constatés : noter précisément les différences entre le comportement observé et le résultat attendu, avec l’écran ou l’étape concernée.
- Corrections : suivre les anomalies signalées et contrôler de nouveau les éléments modifiés avant de clore les tests.
- Validation : consigner les fonctions acceptées et les éventuelles réserves avant de confirmer que le résultat répond aux critères convenus.
La recette porte sur la conformité du résultat ; la conception, elle, définit comment la solution sera pensée et construite.
Cahier des charges
Le cahier des charges décrit les besoins, les contraintes et les résultats attendus d’un projet numérique. Pour cadrer les échanges avec un prestataire, il peut préciser :
- Objectifs : expliquer le besoin opérationnel, comme permettre aux clients de demander un devis en ligne plutôt que par téléphone.
- Périmètre : indiquer les activités, utilisateurs et étapes concernés, ainsi que les éléments explicitement exclus du projet.
- Fonctions : décrire les actions attendues, par exemple la saisie d’une demande, son enregistrement et l’envoi d’un accusé de réception.
- Contraintes et acceptation : mentionner les outils déjà utilisés, les délais à respecter et les critères concrets servant à valider le résultat.
Ce document sert à cadrer le travail ; il ne constitue pas le logiciel réalisé, qui sera développé et évalué séparément.
RGPD
Le règlement général sur la protection des données (RGPD), règlement européen relatif à la protection des données personnelles, est applicable depuis le 25 mai 2018. Pour une petite entreprise, il concerne notamment les informations permettant d’identifier une personne, comme les coordonnées d’un client conservées pour traiter une commande ; les obligations dépendent du traitement effectué. Avant de prendre une décision, vérifiez le texte officiel, notamment le règlement (UE) 2016/679 dans EUR-Lex, afin de consulter la version en vigueur.
Réversibilité
La réversibilité désigne la possibilité de récupérer ses données et de changer de solution selon des conditions prévues, par exemple lors de la fin d’un contrat avec un prestataire. Il est utile de clarifier par écrit :
- Formats de récupération : déterminer si les données seront fournies dans des formats exploitables, comme un fichier CSV pour des tableaux.
- Modalités d’export : préciser qui peut demander l’export, comment il est transmis et quels éléments sont inclus.
- Conditions de sortie : vérifier les délais, les éventuels frais et les étapes à effectuer à la fin du contrat.
- Continuité d’accès : savoir combien de temps les données restent consultables pendant le changement de solution et la transition.
La réversibilité organise un départ vers un autre outil ; une sauvegarde crée une copie pour pouvoir restaurer des données.
Dette technique
La dette technique est une métaphore introduite par Ward Cunningham en 1992 pour décrire des raccourcis dans le code qui font gagner du temps à court terme, mais en coûtent lors des évolutions ultérieures. Dans une petite entreprise, un logiciel assemblé rapidement peut devenir plus long et plus risqué à modifier, par exemple lorsqu’une nouvelle fonction doit s’appuyer sur un code difficile à comprendre ; cette dette n’est pas une somme empruntée à une banque, mais un effort technique futur.